Une nouvelle étude scientifique suppose des liens entre coloration chimique et cancer du sein

L’Institut Américain pour la Recherche sur les Sciences de la Santé (National Institute of Environmental Health Sciences) a récemment publié les résultats d’une étude sur les liens possibles entre l’utilisation de certains produits capillaires et l’augmentation des risques de cancer du sein

Une étude américaine de grande ampleur

Une étude menée auprès de plus de 46 000 femmes

L’étude fait partie d’un plus gros projet de cette agence américaine : la Sister Study, qui porte sur des sœurs de femmes ayant développées des cancers du sein. Plus de 50 000 femmes de 35 à 74 ans ont pris part à ce projet. 55% d’entre elles faisaient usage de colorations chimiques. Au final, les informations fournies par 46 709 d’entre elles ont été retenues pour la conclusion de l’étude.

Pour ce projet, ces femmes ont été suivies sur une période de plus de 8 ans, de 2003 à 2009. Elles n’avaient pas de cancer du sein, mais avaient toutes un parent ayant été touché par la maladie.

Les données ont été collectées par questionnaires en ligne, tous les 3 ans. Les questions portaient essentiellement sur l’utilisation de colorations chimiques permanentes et de produits de lissage et de défrisage. De nombreux paramètres liés aux colorations ont été pris en compte : fréquence d’utilisation, type de colorations (foncés, claires), nombre d’années d’utilisation, coloration permanente ou temporaire, appliquée en salon ou à la maison.

Une publication qui semble sérieuse

Les travaux de recherche ont été effectués par 4 chercheurs en épidémiologie de l’Institut Américain pour la Recherche sur les Sciences de la Santé et de l’Université de Caroline du Nord.

Les résultats ont été publiés dans le Journal International sur le Cancer (International Journal of Cancer) en décembre 2019, puis repris par des titres de renom (les magazines Time et New York Times notamment).

Un possible lien entre cancer du sein et colorations chimiques permanentes

Sur le groupe témoin, l’utilisation de colorations chimiques permanentes est liée à une augmentation du nombre de cancers du sein

Au sein du groupe de 46 000 femmes américaines, celles ayant fait des colorations permanentes ont eu 9% de cancer du sein en plus que celles n’utilisant pas ses produits.

Ces résultats varient plus ou moins suivant le type de colorations utilisées (claires, foncées etc.), l’âge (avant ou après ménopause), les catégories sociaux-professionnelles et d’autres paramètres.

En revanche, la durée ou la fréquence d’utilisation ne semblent pas avoir impacté les résultats.

A noter que l’étude n’a pas mis en évidence un lien entre le cancer du sein et les colorations semi-permanentes ou temporaires.

Les colorations chimiques effectuées à la maison pourraient être plus dangereuses

Dans l’étude, les colorations réalisées à la maison étaient visiblement plus nocives que celles réalisées en salon de coiffure, où l’on peut supposer que les produits capillaires sont plus contrôlés et où l’application des colorations se fait de manière plus précise, se concentrant sur le cheveu, sans trop toucher le cuir chevelu.

Coloration chimique

Source : La Coloration végétale, Bénédicte Boisdron et Véronique Montel, éditions Vigot

Certaines substances contenues dans les colorations chimiques pointées du doigts

Selon les auteurs de l’étude, la présence dans ces produits de nombreux ingrédients classés comme cancérogènes probables ou suspectés d’être des perturbateurs endocriniens pourrait expliquer ces résultats. Les amines aromatiques, souvent utilisés en grandes quantités dans les colorations permanentes, sont notamment pointés du doigt.

Les femmes afro-américaines plus touchées que le reste du groupe test

Dans l’étude, les femmes noires se teignant les cheveux avec des colorations chimiques ont été significativement plus impactées que les femmes blanches. Leurs risques de développer un cancer du sein dans les 8 ans suivant le début de l’utilisation de ces produits est de 45% supérieur, par rapport aux femmes n’utilisant pas ces produits.

Pour expliquer ces différences, les auteurs de l’étude évoquent comme causes l’utilisation de produits beaucoup plus agressifs (perturbateurs endocriniens et perturbateurs d’hormones). Il pourrait aussi y avoir un effet cocktail, avec l’utilisation parallèle d’autres produits potentiellement dangereux, tels les lisseurs et défriseurs, souvent prisés par les afro-américaines.

L’étude met d’ailleurs aussi en avant un lien possible entre cancer du sein et produits de lissage et défrisage. Sur le groupe de femmes ayant participé à la Sister Study, celles utilisant ces produits ont en moyenne eu 30% de cancers du sein en plus par rapport à celles n’en faisant pas usage.

Des résultats à prendre avec précaution

Bien que l’étude mette en avant un possible lien entre cancer du sein et colorations chimiques, ses auteurs mettent en gardent contre une surinterprétation des résultats. Le lien entre ces produits et le cancer du sein n’est pas avéré, et les risques potentiels sont encore difficiles à évaluer.

En effet, l’étude a été réalisée sur « seulement » 8 ans et sur un groupe encore relativement restreint de femmes, résidant toutes aux Etats-Unis. De plus, le cancer du sein a souvent de nombreuses causes, qu’on peine malheureusement encore aujourd’hui à déterminer.

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